L'étiquette indique cuir de veau, et le prix suit. Est-ce pour autant mieux qu'un cuir de vache ordinaire ? Et où se situe le cuir de chèvre ? La réponse courte : le cuir de veau est plus fin et plus souple, le cuir de vache plus épais et plus solide, le cuir de chèvre léger et étonnamment résistant. Le meilleur dépend de l'usage, et le tannage comme la qualité de la peau en disent souvent plus que l'animal.
Le cuir de vache : la valeur sûre
Le cuir de vache, ou cuir de bovin, provient de bovins adultes. Une peau entière est grande, un peu plus de cinq mètres carrés, et assez épaisse pour être refendue en plusieurs couches. La couche supérieure, avec la fleur, donne le cuir pleine fleur ou fleur corrigée, les couches inférieures donnent la croûte et le daim. Pour les sacs, on travaille en général une épaisseur d'environ 1,2 à 2 millimètres selon la pièce.
Cette épaisseur et la structure dense des fibres rendent le cuir de vache solide. Il garde sa forme, supporte l'usage quotidien et s'use lentement. C'est pourquoi c'est de loin le cuir le plus utilisé pour les sacs, les ceintures et les chaussures. Son grain est plus marqué que celui du veau : on voit des pores, parfois une ligne ou une petite cicatrice. Y voir un défaut, c'est juger une matière naturelle avec des attentes faites pour le plastique.
Le cuir de vache au tannage végétal est aussi celui qui se patine le plus nettement. Il fonce et brille là où on le touche, et au fil des années on lit sur un sac la façon dont il a été porté.
Qu'est-ce que le cuir de veau ?
Le cuir de veau provient de jeunes bovins. La peau est plus petite, environ la moitié d'une peau adulte ou moins, et plus fine. L'animal étant jeune, les pores sont plus petits et la fleur plus serrée. Cela donne une surface lisse, presque veloutée, avec un léger lustre, et un cuir qui tombe avec souplesse.
Pourquoi le cuir de veau est-il plus cher ? Une peau plus petite signifie plus de chutes par sac, et la demande des souliers haut de gamme et de la petite maroquinerie de luxe est forte. Vous payez donc en partie l'aspect, en partie la rareté. Est-il meilleur ? Tout dépend de l'usage. Pour des chaussures habillées, un portefeuille fin ou une petite pochette du soir, le veau est superbe. Pour un sac ordinateur qui part à vélo tous les jours, un cuir de vache plus épais est souvent plus raisonnable : le veau montre les rayures plus vite et s'affaisse plus tôt quand le sac est chargé.
Autre point : le cuir de veau est souvent tanné au chrome et recouvert d'une fine couche de finition. Le mot ne dit donc rien du tannage. Sur une étiquette, « veau » est une origine, pas un label de qualité.
Qu'est-ce que le cuir de chèvre ?
Le cuir de chèvre est l'outsider du trio. Les peaux sont petites, d'un demi à trois quarts de mètre carré environ, et fines, en général autour de 0,6 à 1,2 millimètre. Il est pourtant très résistant pour son poids, car ses fibres sont étroitement entrelacées. On le reconnaît à son grain naturel, fait de petites bosses et de sillons, une texture présente d'origine et non imprimée.
Ce mélange de légèreté et de résistance explique où on le trouve : gants, doublures, reliure et vestes, et de temps en temps un sac léger. Le maroquin des reliures est traditionnellement du cuir de chèvre. Son inconvénient est la taille. Une petite peau ne permet pas de tailler un grand panneau de sac sans couture, il convient donc moins aux grands sacs.
Cuir de vache, cuir de veau et cuir de chèvre comparés
| Cuir de vache | Cuir de veau | Cuir de chèvre | |
|---|---|---|---|
| Origine | Bovin adulte | Jeune bovin | Chèvre |
| Taille de peau | Grande, plus de 5 m² | Moyenne, environ la moitié | Petite, moins de 1 m² |
| Grain | Pores visibles, vivant | Fin, lisse, régulier | Naturellement grainé |
| Épaisseur pour un sac | Épais, tient sa forme | Plus fin, tombe souplement | Fin et léger |
| Rayures | Se fondent dans le grain ou deviennent patine | Plus visibles | Se perdent dans le grain |
| Prix | Référence | Plus élevé | Variable |
| Usage typique | Sacs, ceintures, chaussures | Chaussures habillées, petite maroquinerie, sacs de luxe | Gants, doublures, reliure |
Pourquoi le tannage en dit plus que l'animal
Un sac en veau bon marché, à fleur corrigée et recouvert d'une épaisse laque, durera moins longtemps qu'un sac en bon cuir de vache pleine fleur. L'animal détermine le grain et l'épaisseur. Mais l'intégrité de la fleur, le mode de tannage et l'épaisseur de la finition décident du toucher, du vieillissement et de la durée de vie. L'article sur le cuir pleine fleur explique pourquoi cette couche supérieure compte autant. Pour une vue plus large, du nubuck à la croûte, consultez les types de cuir expliqués.
Ne vous fiez donc pas seulement au mot sur l'étiquette. Sentez si le cuir est vivant, regardez si l'on voit des pores et si la tranche montre une coupe de vraies fibres. Les sept vérifications pour reconnaître un cuir de qualité vous y aideront, en boutique aussi.
L'entretien est-il différent ?
Un peu. Un cuir de vache épais au tannage végétal supporte bien une couche de baume, deux fois par an suffisent pour la plupart des sacs. Un cuir fin au grain serré, comme beaucoup de cuirs de veau, en demande moins et devient vite taché ou collant s'il en reçoit trop. Travaillez alors en couche très fine et lustrez bien. Le cuir de chèvre est le plus indulgent grâce à son grain : une rayure ou une petite tache s'y perd, et un chiffon humide suffit le plus souvent.
Sous la pluie, la règle est la même pour les trois : laissez sécher lentement à température ambiante, jamais sur un radiateur.
Lequel choisir pour un sac ?
Beocca utilise du cuir au tannage végétal. Les finitions varient selon le modèle et la variante ; consultez la fiche du sac choisi.
Le veau est magnifique pour une petite pièce élégante que vous ménagez. La chèvre est un bon choix quand le poids compte plus que la tenue. Si l'on vous propose un sac en cuir de veau à un prix étonnamment bas, demandez quel tannage et quelle finition. Un vrai beau veau est rarement bon marché.