Ton sac en cuir à vélo t'accompagne tous les jours, vingt minutes à l'aller et vingt au retour, et en France comme en Belgique, cela veut dire de la pluie plusieurs fois par mois. La bruine ne fait presque rien au cuir pleine fleur tanné végétal. Une averse de dix minutes, si tu laisses ensuite le sac mouillé dans l'entrée, c'est autre chose.
La réponse courte : rouler avec un sac en cuir ne pose pas de problème, même en hiver, si tu fais trois choses. Une housse de pluie à quelques euros dans la poche avant, une couche de cire imperméabilisante deux fois par an, et après un trajet sous la pluie, tu essuies le sac et tu le laisses sécher à température ambiante. Le daim, tu le laisses à la maison.
Combien de pluie un sac en cuir peut-il supporter ?
Le cuir pleine fleur tanné végétal absorbe l'eau, mais lentement. Une bruine d'un quart d'heure laisse des gouttes en surface que tu essuies en rentrant, et il n'en reste rien. Le problème commence quand le sac est trempé de part en part : les graisses se dissolvent, les fibres sèchent en durcissant et des auréoles sombres marquent l'endroit où l'eau s'est arrêtée. Une demi-heure sous une averse sans protection suffit. Ce qu'il faut faire dans ce cas, tu le trouveras dans cet article sur un sac en cuir mouillé.
Les sacs noirs et marron foncé pardonnent plus que le cognac et le beige. Les taches d'eau restent visibles des semaines sur du cuir clair, alors que sur du noir, une fois sec et une couche de graisse passée, elles disparaissent presque. Qui roule tous les jours et préfère une teinte claire doit accepter que le sac prenne un aspect vécu plus vite. C'est la patine, et sur le cognac, c'est plutôt joli, mais elle devient irrégulière si c'est surtout le dessus qui prend la pluie.
Sac en cuir à vélo : sac à dos ou sac bandoulière ?
Un sac bandoulière ballotte à vélo. À chaque coup de pédale il glisse vers l'avant, dans chaque virage il vient cogner contre ta cuisse, et la lanière te scie la nuque quand tu es penché en avant. Le porter en travers aide un peu, mais le sac continue de bouger contre toi, et cela use le cuir. Après un hiver de vélo, un sac bandoulière a une zone luisante là où il frottait contre le manteau.
Un sac à dos reste immobile. L'inconvénient est connu : après vingt minutes de pédalage soutenu, ton dos est mouillé de transpiration, et cette transpiration pénètre l'arrière du sac. La sueur contient du sel, et le sel qui sèche laisse des auréoles blanches sur le cuir. Passer un chiffon légèrement humide sur le dos du sac une fois par mois, puis une fine couche de graisse, évite ce problème. Un sac à dos en cuir épais, comme le Mavis, reste rigide contre ton dos et ne s'enroule pas autour de toi comme un sac souple, ce qui est plus agréable à vélo.
La troisième option est la meilleure pour qui veut vraiment rester au sec : glisser le sac en cuir dans une sacoche de vélo. Une sacoche classique de 20 litres n'avale pas un sac à dos de 20 litres, mais elle avale sans problème un sac bandoulière ou un sac pour ordinateur portable. Glisse une vieille serviette en dessous contre les frottements, et ton sac arrive au sec, quelle que soit la pluie. C'est moins élégant, et ça marche.
Housse de pluie, imprégnation, ou les deux ?
Une housse de pluie pour sac à dos coûte entre 8 et 15 euros, pèse 50 grammes et se range pliée dans la poche avant. Choisis-en une avec un élastique tout autour et une taille adaptée au litrage de ton sac, entre 20 et 30 litres pour la plupart des sacs à dos du quotidien. Mets-la dès que ça dépasse la bruine. C'est la seule mesure qui arrête vraiment une averse, et c'est aussi la moins chère. Pour un sac bandoulière, ce genre d'accessoire existe à peine ; la sacoche de vélo reste l'alternative.
L'imprégnation vient en plus, pas à la place. Une cire imperméabilisante à base de cire d'abeille (pas un spray silicone, qui bouche le cuir sans le nourrir) rend la surface hydrofuge, si bien que la bruine et les projections de la route perlent au lieu de pénétrer. Deux fois par an suffit pour qui roule tous les jours : en octobre avant les mois humides, puis en mars. Applique-la en fine couche avec un chiffon doux, laisse pénétrer une nuit et essuie le surplus. Sache que la cire fonce légèrement le cuir et change le brillant, teste donc d'abord en dessous. Tu trouveras plus sur les graisses et les cires dans ces sept conseils pratiques d'entretien du cuir et sur la page d'entretien.
Un sac imprégné n'est pas imperméable. Il tient dix minutes de plus, pas davantage. Qui confond les deux se retrouve quand même avec un sac trempé après une averse.
Que faire après un trajet sous la pluie ?
- Vide le sac, y compris l'ordinateur portable. L'humidité enfermée pénètre la doublure.
- Éponge l'extérieur avec une serviette. Ne frotte pas, cela enfonce l'eau dans le cuir.
- Remplis le sac sans le tasser avec du papier journal ou une serviette pour qu'il garde sa forme.
- Laisse-le ouvert à température ambiante, loin du radiateur et pas au soleil. Compte 12 à 24 heures.
- Une fois sec, s'il est rigide au toucher, applique une fine couche de graisse pour cuir.
Le radiateur est la plus grosse erreur. Un cuir qui sèche trop vite se rétracte, durcit et se fissure aux plis. Un sac qui rentre trempé à six heures du soir et passe la nuit près du radiateur est sec le lendemain matin, et vaut nettement moins. Près du porte-manteau, fermeture ouverte, il est sec aussi, juste un jour plus tard. Si des auréoles restent visibles après le séchage, regarde comment enlever les taches d'eau du cuir.
Le daim à vélo : à éviter
Le daim est le côté poncé de la peau, sans la couche de fleur dense qui protège le cuir lisse. Il absorbe l'eau comme une éponge, chaque goutte devient une tache, et les projections de la route contiennent du sable et de l'huile. Après un seul hiver mouillé, un sac à dos en daim ne se rebrosse plus. Cleo et Mira existent toutes les deux en version lisse et en version daim, pour le vélo choisis le lisse sans hésiter. La version daim est faite pour les jours secs, la voiture et le soir.
Un dernier point pratique, sur le vent. Un sac à dos ne prend presque pas de vent, mais un sac fixé au porte-bagages avec un simple tendeur s'envole au premier coup de vent latéral, et du cuir qui glisse sur l'asphalte à 20 kilomètres à l'heure, ça ne se rattrape plus avec de la graisse. Sur le dos, dans une sacoche, ou bien attaché, sinon pas du tout. Et pour la marche jusqu'au tram ou à la gare, un simple parapluie fait déjà toute la différence.